Bodycount

En bref :

  • Le bodycount correspond au nombre de partenaires sexuels qu'une personne a eus au cours de sa vie, pas au nombre de rapports.
  • Il n'existe pas de "bon" chiffre : chacun vit sa sexualité à son rythme, sans objectif à atteindre.
  • Ce nombre ne résume pas une personne : il ne permet pas de connaître sa fidélité, sa capacité à aimer ou à donner du plaisir.
  • Il sert parfois à juger les parcours sexuels, avec des reproches qui visent particulièrement les femmes.
  • Partager son bodycount reste un choix personnel, sans pression ni obligation de se justifier.

Qu'est-ce que le bodycount ?

 

Le bodycount, que l’on écrit aussi body count, est une expression anglaise détournée pour parler du nombre de partenaires sexuels qu'une personne a eus au cours de sa vie.

À l'origine, ce terme signifie "décompte des corps" et sert à comptabiliser les morts, notamment lors d'une guerre, d'un événement violent ou d'un accident.

Bon à savoir : lorsqu’il est lié à la sexualité, ce sont les partenaires qui sont comptés et pas le nombre de rapports sexuels ni les relations amoureuses.

Ce qu'il faut savoir sur le bodycount

 

Le bodycount peut servir à parler de son passé sexuel ou être évoqué par simple curiosité. Mais réduire les partenaires à un chiffre peut aussi donner l'impression de compter des "conquêtes", comme des trophées à collectionner. Ce décompte sert parfois à comparer les parcours et à juger les autres :

  • un jugement différent selon le genre : un homme ayant eu plusieurs partenaires peut être valorisé pour son expérience, tandis qu'une femme peut se voir reprocher la même chose.
  • un nombre utilisé pour rabaisser : le discours masculiniste utilise le bodycount pour dévaloriser les femmes, en présentant leur passé sexuel comme une raison de moins les respecter ou de refuser une relation avec elles.
  • une pression qui peut peser sur les échanges : par crainte d'être jugées, certaines personnes peuvent se sentir obligées de minimiser ou d'exagérer le nombre de leurs partenaires.

Le chiffre à retenir : selon notre étude Ifop sur le bodycount et les normes sexuelles de janvier 2026, 70 % des 1 011 femmes de 15 à 29 ans interrogées estiment qu’un nombre élevé de partenaires sexuels a tendance à dévaloriser une femme au regard de la société.

Idées reçues

 

  • “Moins de 5 partenaires, ça va” : chacun peut vivre sa sexualité à son rythme, selon ses envies et dans le respect du consentement. Il n’y a pas de nombre à respecter ni d’objectif à atteindre.
  • “Plus les femmes ont de partenaires, plus leur réserve d'ocytocine s'épuise” : ce prétendu lien entre ocytocine et bodycount ne repose sur aucune preuve scientifique solide. Le corps fabrique lui-même l'ocytocine, une hormone qui joue un rôle dans les comportements humains et que l'on appelle parfois "hormone de l'amour". Il ne s'agit pas d'un stock limité pour toute la vie, qui s'épuiserait à chaque nouveau partenaire. Rien ne permet d'affirmer qu'avoir plusieurs partenaires réduit ainsi la capacité d'aimer ou de s'engager.
  • “Un bodycount élevé signifie qu'on sera infidèle” : avoir eu plusieurs partenaires dans sa vie ne signifie pas qu'on sera infidèle. La fidélité concerne le respect des engagements pris ensemble, pas le nombre de partenaires sexuels passés.
  • “Plus on a eu de partenaires, plus on sait donner du plaisir” : ce chiffre ne raconte ni les expériences vécues ni l'attention portée à l'autre. On peut explorer beaucoup de choses avec un même partenaire, et ce qui plaît à une personne ne plaît pas forcément à une autre.

 

Précautions et repères utiles

 

  • Respecter l'intimité de chacun : vous pouvez choisir de parler de votre passé sexuel, sans devoir donner un chiffre ni raconter chaque expérience. Votre partenaire peut aussi préférer garder ces informations pour lui ou elle.
  • Échanger sans mettre la pression : si le sujet vient dans la conversation, chacun doit pouvoir répondre librement ou refuser d'en parler, sans subir d'insistance, de moqueries ou de reproches.
  • Parler de ce qui compte aujourd'hui : vos envies, vos limites et vos attentes dans la relation permettent de mieux vous comprendre. Si vous souhaitez une relation exclusive, mieux vaut en discuter clairement plutôt que de faire des suppositions en se basant sur le passé de l’autre.
  • Préserver la confidentialité : un nombre de partenaires confié en privé n'a pas à être partagé avec des proches ou publié en ligne sans l'accord de la personne concernée.

 

Termes associés

 

  • Slut-shaming : rabaisser ou culpabiliser une personne, le plus souvent une femme, pour sa sexualité réelle ou supposée, mais aussi sa tenue ou son comportement.
  • Double standard sexuel : le fait de juger différemment un même comportement sexuel selon le genre de la personne.
  • Sexfriend : personne avec laquelle on partage une relation amicale et sexuelle, sans se considérer comme un couple amoureux.
  • Red flag : signal d'alerte dans une relation, comme le fait de faire pression sur l'autre pour connaître son bodycount ou de faire des remarques humiliantes sur son passé sexuel.

 

Nos réponses à vos questions fréquentes sur le bodycount

 

Le bodycount repart-il à zéro quand on se met en couple ?

Non, puisqu'il fait référence aux partenaires sexuels au cours de la vie. On peut parler du nombre de partenaires sur une période précise, mais il faut alors le préciser.

 

Les rapports sans pénétration comptent-ils dans le bodycount ?

Le terme ne s'accompagne d'aucune règle officielle de calcul. Certaines personnes comptent uniquement les rapports avec pénétration, tandis que d'autres incluent le sexe oral ou d'autres pratiques partagées. La sexualité ne se limite pas à la pénétration.

 

Quel est le bodycount moyen d'un homme ou d'une femme ?

Selon l'enquête sur les sexualités en France menée en 2023, les hommes de 18 à 69 ans ayant déjà eu un rapport sexuel déclarent en moyenne 16,4 partenaires au cours de leur vie, contre 7,9 pour les femmes. Mais il ne faut pas oublier que cette moyenne regroupe des parcours très différents et qu’elle ne représente absolument pas un nombre de partenaires à atteindre ou à ne pas dépasser.

 

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