Observatoire du bien-être sexuel de la Gen Z

MeToo a-t-il révolutionné le rapport des jeunes femmes à la sexualité ?

En janvier 2026, espaceplaisir a confié à l’Ifop une enquête nationale auprès de 1 011 Françaises âgées de 15 à 29 ans.

Méthodologie

Étude Ifop pour espaceplaisir réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 23 au 27 janvier 2026 auprès d’un échantillon de 1 011 femmes, représentatif de la population féminine vivant en France métropolitaine âgée de 15 à 29 ans. Les résultats sont exprimés en pourcentage et arrondis à l’unité la plus proche.

« C'est quoi ton bodycount ? » Sur TikTok, des influenceurs interpellent régulièrement des passantes sur le nombre de leurs partenaires sexuels, transformant leur intimité en tribunal. Mais derrière la mécanique ludique du format se rejoue en réalité le procès de la « fille facile », dans une société qui valorise l'expérience sexuelle chez les hommes et la sanctionne chez les femmes. Or, ce slut-shaming numérique intervient dans un contexte doublement paradoxal avec d'un côté, la révolution féministe post-MeToo qui a profondément transformé le rapport des femmes au consentement et de l'autre, des jeunes hommes qui sont de plus en plus exposés à des discours virilistes faisant du bodycount un levier de contrôle de la sexualité féminine.

C'est dans ce paysage que s'inscrit cette enquête Ifop pour espaceplaisir sur les injonctions qui assignent les femmes à la maternité, qui encadrent leur désir, qui les somment de lier sexualité et sentiments ou, encore, qui font de la pénétration le seul « vrai » rapport sexuel. Dans un contexte post-MeToo marqué par le rejet des injonctions pesant sur le corps et l’intime, que reste-t-il de ces normes dans l'esprit des femmes de la Gen Z ? Réalisée dans le cadre de l’Observatoire du bien-être sexuel de la Gen Z auprès d’un échantillon national représentatif de 1 011 femmes âgées de 15 à 29 ans, cette étude — qui repose sur de nombreux points de comparaison historiques —, révèle une génération tiraillée entre une émancipation dans les représentations et des pratiques intimes où les vieux scripts résistent.

Les jeunes femmes se détachent des injonctions pesant traditionnellement sur la sexualité féminine

48 %

des femmes de 18-24 ans déclarent avoir déjà eu des rapports sans en avoir envie, contre 65% il y a vingt ans (2006).

23 %

de femmes de 25 à 29 ans estiment qu’un «rapport sexuel ça veut dire qu'il y a une pénétration », soit deux fois moins que les femmes de 25 à 34 ans (49%) il y a trente ans (1992).

87 %

des femmes de moins de 25 ans penses q'une femme peut vraiment réussir sa vie sans avoir d'enfants contre 53 % en 1990.

La fin du « devoir conjugal » ?

La norme consistant à satisfaire les désirs de son partenaire sans vraiment tenir compte des siens est nettement moins prégnante dans la Gen Z : 48% des femmes de 18-24 ans ont déjà eu des rapports sans en avoir envie, contre 65% il y a vingt ans (2006[1]). Avec des taux élevés chez les femmes vivant en couple (55% contre 49% chez non-cohabitantes) et/ou hétérosexuelles (48% contre 25% chez les lesbiennes), ce sexe non souhaité n'en demeure pas moins avant tout une pratique très hétéronormative et conjugale de la sexualité.

Mais contrairement aux idées reçues, cette soumission aux désirs sexuels de ses partenaires n'est pas l'apanage des tradwife et autres tenantes d'un modèle traditionnel de couple. Au contraire, elle est plus fréquemment déclarée par les femmes aux idées avancées — 54% chez les femmes très progressistes sur les questions de société, 54% chez celles se situant idéologiquement à l'extrême gauche — et/ou au niveau social et culturel élevé (55% des cadres, 63% des cheffes d'entreprise, 52% des diplômés du 2e et 3e cycle, probablement parce qu’elles ont davantage conscience du caractère non consensuel de ces expériences sexuelles.



[1] [FERRAND Michèle, BAJOS Nathalie et ANDRO Armelle [2008], « Accords et désaccords : variations autour du désir », dans BAJOS Nathalie et BOZON Michel (dir.), Enquête sur la sexualité en France. Pratiques, genre et santé, La Découverte, Paris, p. 361].

La fin d’une sexualité phalocentrée ?

L'impératif culturel qui fait de la pénétration la quintessence du rapport hétérosexuel est moins prégnant dans la vision que la Gen Z a de la sexualité. A peine une femme sur quatre de 25 à 29 ans (23%) adhère à l’idée que « un rapport sexuel ça veut dire qu'il y a une pénétration », soit deux fois moins que ce que les femmes de 25 à 34 ans (49%) déclaraient il y a une trentaine d’années (ACSF 1992 [1]). A l’époque, il est vrai qu’une large majorité des Françaises de 18 à 69 ans (64%) partageait cette vision pénétrative du sexe.

Dans le détail, ce modèle de sexualité pénétrative a beaucoup plus d’adeptes dans les rangs des femmes conservatrices – 32% des femmes non-féministes, 38% des femmes assez conservatrices – et soumises à une morale religieuse : femmes se disant religieuses (33%), musulmanes (37%). Mais cette vision de la pénétration comme la composante « définitoire » du rapport sexuel est aussi forte chez les femmes à faible niveau social et culturel — 34% chez les ouvrières (contre 21% des cadres), 33% des non-diplômées (contre 19% des femmes ayant un diplôme supérieur au premier cycle), 40% des femmes au foyer —, ce qui va plutôt dans le sens des travaux d’Isabelle Clair[2]  sur le poids de ce type d’injonctions sur la sexualité des jeunes filles de milieux populaires.

[1] Enquête ACSF pour l’ANRS réalisée par téléphone entre septembre 1991 et février 1992 auprès de 20 055 personnes, constituant un échantillon aléatoire de la population âgée de 18 à 69 ans résidant en France métropolitaine. Cité dans Spencer Brenda. Contexte normatif du comportement sexuel et choix des stratégies de prévention. In: Population, 48e année, n°5, 1993 pp. 1411-1436.

[2] CLAIR Isabelle [2023], Les Choses sérieuses. Enquête sur les amours adolescentes, Seuil, Paris

La fin du « devoir maternel » ?

Ce détachement des injonctions pesant sur la sexualité féminine va de pair avec une dissociation croissante du lien entre féminité et maternité. En une quarantaine d'années, l’idée selon laquelle « une femme peut vraiment réussir sa vie sans avoir d'enfants » s’est en effet largement banalisée chez les moins de 25 ans, passant de 53% en 1990 à 87% en 2026.

Certaines catégories de jeunes femmes ne sont toutefois pas aussi affranchies des injonctions à la maternité. Ainsi, l’idée selon laquelle la réussite d’une femme peut exister sans enfant est moins répandue dans les rangs des femmes les plus conservatives comme les femmes se disant religieuses (82%, contre 92% des athées), non féministes (78%, contre 92% des féministes) ou à l’extrême-droite : 77% contre 92% des femmes de gauche. De même, le désir pour une femme de ne pas vouloir « faire famille » fait moins l'objet d’un consensus chez les femmes au foyer (68%) ou des milieux modestes comme les ouvrières (84%) et les habitantes des banlieues populaires, catégories de la gent féminine qui ont en commun d’investir globalement moins dans leur vie professionnelle.

La résilience d'une sexualité soumise à des rôles sexuels genrés et des scripts sexuels figés

62 %

des jeunes femmes de 18 à 24 ans avouent s'ennuyer lors de leurs ébats sexuels, cette proportion était de 42% en 1996.

28 %

des Françaises de 18 à 24 ans prennent l’initiative dans leurs rapports sexuels, soit un peu moins qu’en 2000 (20% en 2000).

28 %

des femmes de 18-24 ans pourraient faire l'amour avec quelqu'un sans être amoureuses, contre 8% au début du siècle (2000).

Sexualité purement récréative

L'idée selon laquelle une femme est en droit de séparer sexualité et sentiments amoureux tend à gagner du terrain dans les esprits si l'on en juge par le nombre croissant de femmes de 18 à 24 ans qui pourraient faire l'amour avec quelqu'un dont elles ne seraient pas amoureuses : 28% en 2026, soit 20 points de plus qu'au début du siècle (8% en 2000).

Très logiquement, cette remise en cause des normes de genre est plus forte dans les segments de la gent féminine les plus progressistes — 37% chez les femmes très féministes (contre 19% chez les non-féministes), 37% chez celles se situant à l'extrême gauche, 33% chez les femmes très progressistes sur les questions de société — et les mieux dotées en capital social ou culturel : 36% chez les femmes ayant un diplôme supérieur au premier cycle, 37% chez les dirigeantes d'entreprise.

La propension féminine à lier sexualité et affectivité n'en reste pas moins largement dominante chez les femmes de la Gen Z : 68% des femmes âgées de 15 à 29 ans affirment ne pas pouvoir faire l'amour avec quelqu'un dont elles ne seraient pas amoureuses, les femmes religieuses (76%) et assez conservatrices (73%) étant évidemment parmi les plus nombreuses à partager cette vision traditionnelle de la sexualité.

Mais c'est aussi sur les comportements des adolescentes que pèse cette norme qui invite toute femme à inscrire forcément sa sexualité dans un cadre affectif durable. Car si elle semble quelque peu se relâcher après 25 ans (62%), cette injonction à lier sexualité et sentiments amoureux s'avère des plus prégnantes chez les filles de 15 à 17 ans (79%), confirmant en cela les travaux d'Isabelle Clair sur la « réserve sexuelle » à laquelle sont soumises les femmes de cet âge[1] .



[1] [CLAIR Isabelle [2023], Les Choses sérieuses. Enquête sur les amours adolescentes, Seuil, Paris]

L'initiative sexuelle

Malgré l'essor sans précédent des sujets liés à la sexualité dans le débat public (livres, podcasts…), seule une jeune femme sur quatre (28%) âgée de 18 à 24 ans déclare prendre l'initiative dans ses rapports sexuels, soit une proportion très similaire à celle mesurée il y a un quart de siècle (20% en l'an 2000).

Mais cette « réserve » féminine dans la vie intime reste avant tout une caractéristique des couples hétérosexuels : les lesbiennes prennent ainsi deux fois plus l'initiative dans leur relation sexuelle (42%) que les hétérosexuelles (20%). Les autres variables influent en revanche peu sur cette capacité à exprimer son désir dans la chambre à coucher, les femmes les plus autonomes sur le plan professionnel ou financier n'étant pas, par exemple, plus entreprenantes que la moyenne des femmes étudiées.

Le sexe monotone

En trois décennies, la proportion de jeunes femmes de 18 à 24 ans avouant s'ennuyer lors de leurs ébats sexuels a littéralement explosé, passant de 42% en 1996 (Ifop-ELLE, 1996) à 62% en 2026, soit une progression de 20 points !

Cette lassitude coïtale n'affecte cependant pas toutes les jeunes femmes de la même manière. Encore en phase de découverte, les novices de la vie sexuelle sont parmi celles qui s'ennuient le moins au lit (50% des 15-17 ans, 53% des lycéennes ou étudiantes…), tout comme les lesbiennes qui bâillent d'ennui entre les draps (36%) beaucoup moins souvent que les hétérosexuelles (58%).

Les jeunes femmes ressentent aussi qu'un passé sexuel chargé peut leur être préjudiciable

70 %

des femmes de la Gen Z affirment qu'avoir eu un nombre de partenaires sexuels élevé quand on est une femme a tendance à vous dévaloriser auprès de votre entourage.

24 %

des jeunes femmes déclarent qu'un partenaire ou potentiel partenaire a déjà refusé de s'engager avec elles après avoir appris qu'elles avaient eu un nombre de partenaires sexuels élevé.

9

partenaires maximum en moyenne pour les femmes, contre 11 pour les hommes : interrogées spontanément, les jeunes femmes fixent un seuil à ne pas dépasser « pour ne pas être mal vue », plus bas pour les femmes de leur âge.

La réputation sexuelle

Popularisé sur TikTok par des influenceurs masculinistes et des figures comme Thaïs d'Escufon[1], le concept de bodycount— soit le nombre de partenaires sexuels accumulés au cours d'une vie — est devenu un marqueur des débats sur la sexualité féminine au sein de la Gen Z. Or, la norme qu'il véhicule est profondément intériorisée : 70% des femmes de 15 à 29 ans affirment qu'avoir eu un nombre de partenaires sexuels élevé quand on est une femme est plutôt quelque chose qui a tendance à les dévaloriser auprès de leur entourage. Seules 30% y voient au contraire un facteur de valorisation.

Le sentiment que la multiplication des partenaires dégrade l'image sociale d'une femme varie fortement selon le degré de féminisme et l'orientation sexuelle. Les femmes non féministes (86%) sont deux fois plus nombreuses à partager ce constat que les très féministes (46%), signe que la déconstruction du slut-shaming reste largement l'apanage d'une avant-garde militante. De même, les hétérosexuelles (74%) perçoivent bien plus cette dévalorisation que les lesbiennes (34%), confirmant que le stigmate du bodycount élevé est avant tout un mécanisme de régulation de la sexualité hétérosexuelle. Par ailleurs, ce sentiment est plus fort chez les plus jeunes (76% des 15-17 ans) et dans les catégories populaires (75% des CSP–), catégories justement les moins outillées pour déconstruire ces injonctions. Enfin, sur le plan idéologique, le clivage est net : seules 51%% des femmes se positionnant à l'extrême gauche partagent ce constat, contre 72% à l’extrême-droite. Le fait que ce stigmate soit aussi fortement intériorisé chez les vierges montre aussi que cette norme fonctionne de manière prophylactique, c'est-à-dire qu’elle discipline les conduites avant même qu'elles n'adviennent.

[1] Thaïs d'Escufon, ancienne porte-parole de Génération Identitaire et soutien d'Éric Zemmour, a fait du bodycount l'un de ses thèmes récurrents sur YouTube et TikTok, développant un argumentaire pseudo-scientifique fondé sur l'ocytocine pour justifier un double standard sexuel. Ses allégations ont été démontées par le service de vérification de France Info (Pauline Lecouvé, « Ocytocine : les femmes qui multiplient les partenaires sont-elles "moins aptes à s'attacher durablement à un homme" ? », Vrai ou Faux, franceinfo.fr, 16 juin 2023).

Passé sexuel et engagement

Le bodycount n'est pas qu'une question d'image : il a des conséquences concrètes sur la vie sentimentale des jeunes femmes. Près d'un quart d'entre elles (24%) déclarent qu'un partenaire ou un potentiel partenaire a déjà décidé de ne pas s'engager avec elles dans une relation après avoir appris qu'elles avaient eu un nombre de partenaires sexuels élevé.

L'expérience d'un refus d'engagement lié au bodycount est logiquement plus fréquente chez les femmes les plus sexuellement expérimentées mais elle est aussi, de manière plus surprenante, très élevée chez les femmes les plus conservatrices (45% des très conservatrices), ce qui laisse penser que celles-ci évoluent dans des milieux où l'exigence de « pureté » sexuelle est plus stricte et où un nombre de partenaires même modeste peut être jugé excessif. Le profil religieux des femmes concernées va dans le même sens : 33% des croyantes et religieuses ont déjà vécu ce type de rejet, contre 21% des athées. A l’inverse, les femmes très féministes (31%) y sont également plus exposées que les non-féministes (17%), ce qui peut tenir à la fois à une vie sexuelle plus assumée et à une plus grande lucidité sur ces mécanismes de sélection.

Engagement indépendamment du passé intime du partenaire

Si les jeunes femmes perçoivent le stigmate pesant sur leur propre bodycount, elles se montrent nettement plus tolérantes vis-à-vis du passé sexuel de leurs partenaires : 70% d'entre elles affirment qu'elles pourraient s'engager dans une relation sérieuse avec quelqu'un en sachant que cette personne a eu un nombre de partenaires sexuels élevé avant elles.

Si la disposition à s'engager quel que soit le bodycount du partenaire est élevée chez les femmes très féministes (84%) ou très progressistes (82%), elle est en revanche plus faible chez les femmes au profil conservateur — 53% seulement des femmes assez conservatrices — et les plus religieuses (60%). Le nombre de partenaires de la répondante elle-même joue aussi : les femmes vierges (60%) et celles n'ayant eu qu'un seul partenaire (61%) sont nettement moins ouvertes que celles ayant eu plus de 10 partenaires (89%), ce qui suggère un effet de réciprocité — on est d'autant plus tolérante sur le passé de l'autre qu'on a soi-même multiplié les expériences.

Un double standard persistant

Interrogées spontanément sur le nombre de partenaires sexuels qu'une personne ne doit pas dépasser pour ne pas être mal vue, les jeunes femmes fixent un seuil sensiblement plus bas pour les femmes de leur âge (9 partenaires maximum en moyenne) que pour les hommes (11 partenaires maximum). Si l'écart est modéré, il atteste de la persistance d'un double standard sexuel qui admet implicitement une plus grande latitude sexuelle masculine.

La faiblesse de l'écart entre les seuils féminins et masculins (2 partenaires de différence en moyenne) suggère que chez les jeunes femmes elles-mêmes, le double standard classique — « un homme qui multiplie les conquêtes est un Don Juan, une femme qui fait de même est une fille facile » — tend à s'atténuer sans toutefois disparaître.

Biographie sexuelle et transparence

Alors que la question de savoir s'il faut révéler son bodycount à son ou sa partenaire est au cœur du débat viral sur les réseaux sociaux, l'enquête montre que la transparence est largement de mise au sein des couples : 70% des femmes en couple ont communiqué à leur partenaire actuel le nombre exact de partenaires sexuels qu'elles ont eus au cours de leur vie.

La transparence sur le bodycount est plus forte chez les 18-24 ans (75%) que chez les 25 ans et plus (67%), peut-être parce que la culture de la full disclosure promue par les réseaux sociaux pèse davantage sur cette génération. Elle est aussi plus élevée chez les femmes très progressistes (80%) et celles se positionnant à l'extrême gauche (80%) — qui assument plus facilement leur parcours — ainsi que, de manière attendue, chez les femmes n'ayant eu qu'un seul partenaire (81%), pour qui la question ne pose guère de difficulté. En revanche, les musulmanes (55%) et les habitantes de banlieues modestes (53%) sont aussi parmi les moins transparentes, en raison peut-être du poids accru des enjeux de réputation sexuelle féminine dans ces milieux [1].

Enfin, la proportion de femmes qui sous-évaluent leur nombre de partenaires (6%) reste proche de celle qui le surévaluent (7%), rappelant les observations de Janine Mossuz-Lavau selon lesquelles les femmes ont historiquement tendance à ne comptabiliser que les partenaires « qui ont compté » dans leur trajectoire affective — un filtrage qui relève moins du mensonge que d'une grille de lecture différente de la biographie sexuelle. Si la transparence est la norme dominante, la baisse du taux de révélation à mesure que le bodycount augmente montre bien que le nombre de partenaires reste un sujet sensible dont la divulgation comporte un risque.



[1] DAUSSY Laure [2023], La Réputation. Enquête sur la fabrique des « filles faciles », Les Échappés, Paris, 224 p.

Ce qu'il faut retenir

L’étude met en lumière une génération en transition. Certaines idées évoluent (maternité, définition du sexe), tandis que d’autres pressions sociales persistent (réputation sexuelle, bodycount).

Les femmes de la Gen Z aspirent à plus de liberté, mais continuent d’évoluer dans un cadre où certaines normes et attentes sociales restent présentes. 

L’étude ne montre ni une révolution sexuelle totale, ni un retour aux normes d’autrefois. Elle montre plutôt une coexistence entre de nouvelles libertés et des normes encore présentes. Même si les discours semblent plus ouverts, les comportements évoluent plus lentement. Désir, consentement, rapport au corps et communication restent des des sujets qui profondément liés aux relations et au contexte social.

Chez espaceplaisir, nous pensons que la compréhension de ces évolutions est essentielle pour accompagner les femmes vers une sexualité plus libre et plus apaisée. Cette étude s’inscrit dans notre volonté de contribuer à des échanges plus justes, plus inclusifs et plus apaisés autour de la sexualité.

Méthodologie

Cette étude a été réalisée par l’Ifop pour espaceplaisir du 23 au 27 janvier 2026, auprès d’un échantillon de 1 011 femmes âgées de 15 à 29 ans (Gen Z), résidant en France.

L’enquête a été menée en ligne, via un questionnaire auto-administré. L’échantillon a été constitué selon la méthode des quotas, appliquée aux variables suivantes : âge, catégorie socioprofessionnelle et région de résidence.

Les résultats sont exprimés en pourcentage et arrondis à l’unité la plus proche.

Toute reprise des résultats doit mentionner la source suivante : « Étude Ifop pour espaceplaisir, janvier 2026 ».

overlay
loader
Chargement...